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À l'occasion de la mort de Marie de Médicis, le grand-duc de Toscane envoya une ambassade pour exprimer ses condoléances à la Cour de France et à la Cour de Savoie dont la régente Christine de France surnommée Madame Royale, était fille de la défunte reine.
Un prélat toscan fut chargé de cette mission. Il se fit accompagner d'une suite de dix-huit personnes dont l'abbé Rucellai qui rédigea le journal de l'expédition, du 18 janvier au 10 mars 1643. Il donne des détail intéressants sur le passage du Mont Cenis, en particulier sur la manière de se faire "ramasser" jusqu'à Lanslebourg.
Le dimanche 15 février, l'ambassade arrive à Novalesa sur le versant piémontais. De là, il faut gagner le plateau du Mont Cenis et effectuer un dénivelé de 1 500m. Voici ce qu'écrit l'abbé :
"Lundi 16 février. Nous pensions, le matin, pouvoir passer le col du Mont-Cenis, mais nous en fûmes empêchés par la violence du vent qui soufflait en tempête de plus en plus fort... Son Excellence qui avait cru pouvoir le matin franchir la montagne, sachant que d'habitude le vent violent de la nuit se calmait au lever du jour, avait envoyé en avant son fourrier pour faire préparer les ramasses devant servir à descendre le versant savoisien et pour arrêter (réserver) le logement à Lanslebourg. Mais comprenant sur le tard que la chose était impossible, il dépêcha derrière lui un "mitron" ; Ces ainsi qu'on appelle en ce pays ces hommes forts et habitués à ce rude climat qui transportent les voyageurs sur la neige au moyen d'une chaise ou "ramasse".
Mardi 17 février : Le vent s'étant un peu calmé, Son excellence décida de partir pour franchir le Mont-Cenis. On se procura six chaises fixées sur des brancards, portées tour à tour par deux marrons à l'aide de courroies ; il faut par siège six marrons se relayant alternativement. Après une montée de deux milles (entre 3 et 4 kms), on arrive à La Ferrière, et après une autre lieue (environ 4 kms) à la Grand Croix... Nous remontâmes à cheval par la plaine dite de Saint Nicolas, sur le sommet de la montagne qui sépare le Piémont de la Savoie.
À deux milles de là, on rencontra l'auberge de la Poste et, à main gauche, se trouvait le lac qu'on voyait sur la montagne tout à proximité et entièrement glacé et couvert de neige... Après avoir cheminé dans la plaine pendant 4 milles et plus, nous arrivâmes à l'endroit où l'on commence à descendre la montagne et où l'on avait préparé pour tout le monde les ramasses. Ce sont des sortes de petites chaises basses en
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bois, grossières, et fixées sur deux brancards qui, à l'avant, s'élèvent en pointe, à la manière d'un traîneau, pour mieux pouvoir glisser sur la glace, et sont munies de deux bâtons longs de deux bras environ, pas trop gros, que le marron tient à la main, pour conduire, s'appuyant tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre, pour retenir ou faire tourner la ramasse. Si le voyageur préfère descendre en toute vitesse, il fait asseoir le marron à ses pieds et laisse aller à son impulsion naturelle la ramasse qui chemine par un sentier enfoncé dont la trace maintient le.traîneau en position.
Le marron, quoiqu'assis, peut en enfonçant ses talons dans la neige, faire tourner la ramasse et faire frein. Si l'on veut aller plus doucement, on fait mettre debout le marron qui peut, en glissant, même sans bouger les pieds retenir à son gré le voyageur. Nous étions donc tous placés sur des ramasses, nous fîmes en moins d'un quart d'heure, avec une rapidité incroyable, une descente de quatre milles environ que demanderait pour la montée près de deux heures... Prenant peu à peu de l'assurance, nous prenions un plaisir extrême, surtout que ce dernier jour du Carnaval était splendide avec un beau soleil, et c'était gracieux à voir ces trente ramasses, qui dévalaient sans se heurter, en conservant leur distance, cheminant aussi tranquillement que des êtres animés...
On arriva ainsi à Lanslebourg, pays placé au pied de la montagne et enfoui dans la neige, avec bon nombre d'habitations. Il y a là un établissement d'instruction fréquenté par une centaine d'écoliers venus de tous les points de la Savoie et même de Turin, le lieu étant propice au travail à cause de l'absence de divertissements. Là, on mangea brin 'et on y fit une excellente halte, bien traités de vin et de victuailles..."
J. Jorcin Roch
Source : "La Savoie d'après les anciens voyageurs"
Max Bruchet, Laffite Reprints 1981
En prenant le télésiège de la Ramasse depuis Val Cenis Lanslebourg ou la télécabine du Vieux Moulin depuis Val Cenis Lanslevillard, il est possible, à pieds ou en raquettes, d'accéder au plateau du Mont Cenis. La descente sur Val Cenis Lanslebourg ou Val Cenis Lanslevillard se fait par la piste de "l'Escargot".
Il est également possible de redescendre en télésiège ou télécabine